Décès de Michel Rocard

MichelRocard

  • Michel Rocard restera associé à jamais à Conflans, qu’il a profondément transformée, pour en faire une ville solidaire, participative, éducative, une ville où pour tous il fait bon vivre. Il restera à jamais l’un des plus brillants hommes politiques français, qui a su ouvrir de nouvelles voix, oser, bousculer les schémas établis pour transformer dans la vie réelle les utopies socialistes. Aujourd’hui nous sommes en deuil, mais forts à jamais de ce qu’il nous a apporté humainement et politiquement.
  • Conflans, que tout le monde connaissait comme « La ville de Michel ROCARD » lui doit une grande partie de son histoire. Les Conflanais qui l’ont connu ne l’oublieront jamais. Au revoir Michel et merci pour ton intelligence, ton dévouement et ton honnêteté.

  • Michel Rocard est décédé le 2 juillet 2016.

    Avec lui c’est une page du socialisme qui se tourne. En tant que Premier ministre il a contribué à acculturer le PS et la gauche à l’exercice du pouvoir. Dès les années 1970, il a montré que le programme marxiste n’avait plus d’actualité avec la réalité économique de la période. Loin de brader la culture socialiste, il a contribué, dans la lignée de la Deuxième gauche à mettre en avant de nouvelles thématiques comme l’environnement, le cadre de vie et de travail, et le droit des femmes. Ministre du Plan (1981-1983) et Ministre de l’Agriculture (1983-1985), il a défendu les intérêts de la France et contribué à mettre en œuvre la décentralisation. A Matignon (1988-1991), c’est une politique sociale rigoureuse et audacieuse qu’il a entreprise. Il a mis en œuvre le Revenu minimum d’insertion qui a permis de sortir plusieurs centaines de milliers de citoyens de l’extrême besoin. La Contribution sociale généralisée a permis de rendre plus équitable l’imposition en touchant également les revenus du patrimoine.

    Il s’est aussi montré un décolonisateur et pacificateur de grand talent en prenant à bras le corps la question néo-calédonienne arrivée à son point extrême de violence dans la grotte d’Ouvéa, le 5 mai 1988. Avec les Accords de Matignon, c’est une solution efficace et consensuelle qui s’est imposée.

    A partir de 1994, c’est au Parlement européen qu’il a apporté son engagement, notamment dans les domaines du développement du Tiers Monde, ainsi que sur le plan de la politique sociale, avant de devenir un sage au service de la nation. Comme conscience de la gauche il a contribué ses dernières années à réhabiliter le terme de socialisme dans sa forme social-démocrate.

    Conflans connue dans toute la France comme la ville de Michel Rocard perd ainsi son grand homme et celui qui a le plus contribué à sa modernisation. Il a voulu mettre en pratique à Conflans – « mon laboratoire » disait-il – les idées pensées au sein du PSU pour une plus grande démocratie participative. Comme maire à partir de 1977, il mit en place des commissions extra-municipales permettant de faire remonter les avis des citoyens. Ils purent également participer aux conseils municipaux ouverts à la parole du public. Il rénova plus profondément une ville qui apparaissait alors comme « une belle endormie » réaménageant les quais, la place Fouillère. C’est grâce à lui aussi que la ville bénéficie d’une excellente desserte tant ferroviaire que routière. Mais il la protégea aussi d’une urbanisation à tout crin, préservant le cadre de vie qui fait, encore aujourd’hui, le charme de la ville. Il mit en œuvre une vaste politique de constructions de logement sociaux, ainsi qu’une politique sociale active permettant une meilleure insertion de toutes les populations en difficulté, notamment handicapées. Les busphones permirent ainsi de désenclaver les habitants les plus isolés. Il contribua également à donner une place aux jeunes dans une ville en pleine explosion démographique par la rénovation de la MJC, mais aussi la création d’un conseil municipal des jeunes. Ecologiste convaincu, il a contribué à faire de Conflans une ville soucieuse de la protection de l’environnement, notamment par la promotion de transports propres. En matière culturelle il innova en créant une instance participative, le Conseil d’Animation auquel il délégua l’animation culturelle de la ville. A sa demande celle-ci organisa, avec la MJC, un festival de Café Théâtre, pépinière  de futurs talents

    Même Premier ministre il continua à gouverner Conflans avec passion. Il ne manqua qu’un seul Pardon de la Bâtellerie, alors en déplacement en Nouvelle-Calédonie.

    Conflans perd ainsi son grand homme, celui qui lui a tant apporté. Il restera dans nos cœurs comme un modèle à suivre.